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« Thôs
marchait lentement, la tête inclinée vers le sol. Chacun de ses pas
sonnait dans son crâne douloureux. Ses jambes blessées avaient bu
l’eau sale du marécage, elles étaient rouges et gonflées. Il
s’appuya sur sa lance et s’arrêta, résistant à la tentation de se
laisser tomber dans la cendre d’où il ne se serait pas relevé.
Il jeta un regard vide
vers la verdure des collines et sentit son cœur s’inonder d’espoir :
il avait vu les chasseurs descendre à sa rencontre, il les avait même
entendus, leurs cris de bienvenue, amenuisés par la distance. Puis,
cramponné à la hampe de son arme plantée dans la terre, il laissa
retomber sa tête en avant. Un fil de bave reliait le sol à sa bouche
épuisée. Il attendit les siens dans cette position. »
S.
Wul, Niourk, Gallimard
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