Collège Les Prés
9 rue des Blés d'Or
78180 Montigny-le-Bretonneux

 
Directrice de publication
Catherine Brochet (Principal)
 

Conception - Rédaction
Cécile Marchal 

 

 

MÉMORIAL DE CAEN
Plume d'Or

 

Chère Sarah

 

Comme je te l'avais annoncé, je suis allée jeudi dernier au Mémorial de Caen. Dès l'entrée du musée, une phrase gravée orne la façade :

"La douleur m'a brisée, 
la liberté m'a relevée"

Elle exprime bien l'ensemble du contenu du musée que je vais te décrire. 

Le hall d'accueil est très lumineux, le tout début de la visite l'est aussi. Tout d'abord, la première partie est consacrée à la faillite de la paix. Une exposition réalisée dans une salle en forme de spirale nous expose les événements qui ont conduit le monde à la guerre. 
Au fur et à mesure que nous descendons, la salle se fait de plus en plus sombre. D'ailleurs au début de la visite, je me suis penchée au-dessus de la balustrade et j'ai regardé vers le fond. Tous, nous ressentions une certaine angoisse à l'idée de descendre.
C'est peut-être cela que les gens ressentaient avant la déclaration de la guerre. S'ils se penchaient sur l'avenir, ils n'y voyaient que du noir. Néanmoins, ils descendaient inexorablement vers l'enfer.
Au bout de quelques dizaines de mètres, une vitrine, avec comme fond un voile blanc, expose la conférence de Munich. Le voile blanc est le symbole de ce traité. Les républiques ont cherché à nier la vérité, à éviter la guerre le plus possible. Mais elles n'ont fait que la repousser.
En effet juste après cette vitrine, le couloir est presque complètement plongé dans l'obscurité. Dès que j'ai levé la tête, l'image d'Hitler paradant s'est imposée à moi. Je n'oublierai pas ce visage dur, impassible, cruel qui marquait la bouche de l'enfer, parce que c'est cela la France pendant la guerre : l'enfer. Les salles sont tortueuses, obscures, bruyantes.
Dans une première salle, des objets, des affiches, des textes nous expliquent comment vivaient les français en attendant la guerre. La crainte était omniprésente, on se défendait, se préparait contre un ennemi invisible. Les femmes et les enfants travaillaient dans les usines pour fabriquer des armes, l'État lançait des emprunts, les soldats construisaient des fortifications mais l'ennemi ne venait pas.
Puis il est arrivé, avec son cortège de morts et de massacres. Une fois l'armistice signée et la France occupée, nous entrons dans une nouvelle salle. Les murs y sont noirs, rugueux, la lumière est quasi inexistante. On y trouve des ruines, des graffitis, des affiches de l'époque. On ne s'y sent pas en sécurité. L'atmosphère de la salle tend à faire ressentir au visiteur ce que les gens eux-même ressentaient. Les faits de la Résistance et de la collaboration se mêlent pour bien montrer que toutes deux se côtoyaient, s'affrontaient en permanence. Les affiches annonçant l'exécution d'un résistant étaient à la fois en allemand et en français. Ô cruelle confrontation ! 
Un des éléments qui m'a le plus marquée était un mur reconstitué avec des marques d'impacts de balles. C'est horrible de penser que c'était le quotidien des gens, que tous passaient devant des murs comme celui-là, qu'une personne de leur famille pouvait s'être écroulée contre ce mur pour avoir tenté de sauver la France.
Ensuite, on entre dans une salle entourée d'un tapis de bougies. C'est peut-être une des salles les plus signifiantes. De faibles lueurs éclairent tour à tour des vicages cadavériques de survivants des camps. Comme si leur vie était presque inexistante après ce qu'ils avaient vu et vécu.
Enfin, le couloir remonte pour exposer la libération de la France, les actions des Américains et le débarquement. C'est un retour à la lumière, à la liberté, à la vie.
Je suis à la fois contente d'avoir visité cela et m'être réellement enrichie, mais aussi extrêmement déçue et dégoûtée d'avoir vraiment réalisé à quel point l'homme pouvait être un monstre !
C'est important de faire des visites comme celles-ci pour se souvenir des massacres et ne pas commettre deux fois les mêmes erreurs. Néanmoins il suffit de regarder autour de nous pour se demander si ces milliards d'êtres humains morts au nom de la guerre ont servi à quelque chose...

Gros bisous

 

 Marie P.

Visite du Mémorial de Caen par les élèves de 3ème