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MÉMORIAL
DE CAEN
Plume d'Or |
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Chère
Sarah |
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| Comme je te l'avais annoncé,
je suis allée jeudi dernier au Mémorial de Caen. Dès l'entrée du
musée, une phrase gravée orne la façade : |
"La
douleur m'a brisée,
la liberté m'a relevée" |
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Elle
exprime bien l'ensemble du contenu du musée que je vais te
décrire. |
| Le hall d'accueil
est très lumineux, le tout début de la visite l'est aussi. Tout
d'abord, la première partie est consacrée à la faillite de la paix.
Une exposition réalisée dans une salle en forme de spirale nous expose
les événements qui ont conduit le monde à la guerre. |
| Au fur et à
mesure que nous descendons, la salle se fait de plus en plus sombre.
D'ailleurs au début de la visite, je me suis penchée au-dessus de la
balustrade et j'ai regardé vers le fond. Tous, nous ressentions une
certaine angoisse à l'idée de descendre. |
| C'est peut-être
cela que les gens ressentaient avant la déclaration de la guerre. S'ils
se penchaient sur l'avenir, ils n'y voyaient que du noir. Néanmoins,
ils descendaient inexorablement vers l'enfer. |
| Au bout de
quelques dizaines de mètres, une vitrine, avec comme fond un voile
blanc, expose la conférence de Munich. Le voile blanc est le symbole de
ce traité. Les républiques ont cherché à nier la vérité, à
éviter la guerre le plus possible. Mais elles n'ont fait que la
repousser. |
| En effet juste
après cette vitrine, le couloir est presque complètement plongé dans
l'obscurité. Dès que j'ai levé la tête, l'image d'Hitler paradant
s'est imposée à moi. Je n'oublierai pas ce visage dur, impassible,
cruel qui marquait la bouche de l'enfer, parce que c'est cela la France
pendant la guerre : l'enfer. Les salles sont tortueuses, obscures,
bruyantes. |
| Dans une première
salle, des objets, des affiches, des textes nous expliquent comment
vivaient les français en attendant la guerre. La crainte était
omniprésente, on se défendait, se préparait contre un ennemi
invisible. Les femmes et les enfants travaillaient dans les usines pour
fabriquer des armes, l'État lançait des emprunts, les soldats
construisaient des fortifications mais l'ennemi ne venait pas. |
| Puis il est
arrivé, avec son cortège de morts et de massacres. Une fois
l'armistice signée et la France occupée, nous entrons dans une
nouvelle salle. Les murs y sont noirs, rugueux, la lumière est quasi
inexistante. On y trouve des ruines, des graffitis, des affiches de
l'époque. On ne s'y sent pas en sécurité. L'atmosphère de la salle
tend à faire ressentir au visiteur ce que les gens eux-même
ressentaient. Les faits de la Résistance et de la collaboration se
mêlent pour bien montrer que toutes deux se côtoyaient, s'affrontaient
en permanence. Les affiches annonçant l'exécution d'un résistant
étaient à la fois en allemand et en français. Ô cruelle
confrontation ! |
| Un des éléments
qui m'a le plus marquée était un mur reconstitué avec des marques
d'impacts de balles. C'est horrible de penser que c'était le quotidien
des gens, que tous passaient devant des murs comme celui-là, qu'une
personne de leur famille pouvait s'être écroulée contre ce mur pour
avoir tenté de sauver la France. |
| Ensuite, on entre
dans une salle entourée d'un tapis de bougies. C'est peut-être une des
salles les plus signifiantes. De faibles lueurs éclairent tour à tour
des vicages cadavériques de survivants des camps. Comme si leur vie
était presque inexistante après ce qu'ils avaient vu et vécu. |
| Enfin, le couloir
remonte pour exposer la libération de la France, les actions des
Américains et le débarquement. C'est un retour à la lumière, à la
liberté, à la vie. |
| Je suis à la fois
contente d'avoir visité cela et m'être réellement enrichie, mais
aussi extrêmement déçue et dégoûtée d'avoir vraiment réalisé à
quel point l'homme pouvait être un monstre ! |
| C'est important de
faire des visites comme celles-ci pour se souvenir des massacres et ne
pas commettre deux fois les mêmes erreurs. Néanmoins il suffit de
regarder autour de nous pour se demander si ces milliards d'êtres
humains morts au nom de la guerre ont servi à quelque chose... |
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Gros bisous |
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Marie
P. |
| Visite
du Mémorial de Caen par les élèves de 3ème |